Construction d’une banques de céréales au Nord Est du Mali


Point de départ:

  • L'Association PAFDES dont les membres soouhaitent accompagner les besoins de populations en difficulté et soutenir des initiatives locales, en définissant des actions concrètes et limitées dans le temps, permettant d'y répondre de manière pérenne.
  • La rencontre avec Ahmed Ag Moussa, un Touareg dont la communauté se situe près du village d'Echag, à 40 km de Gao au nord est du Mali.

Historique:

Un déplacement sur le site est prévu en février 2009 par 4 membres du bureau pour étudier le projet.

Cependant, plusieurs évènements marquent la fin d'année 2008:

  • L'enlèvement du français fin novembre à Ménaka (250 km de Gao) par des bandits qui "l'ont revendu" au groupe Al Qaïada
  • Le trafic de cocaïne qui transite par Gao pour rejoindre la Lybie, attise les appétits et multiplie la corruption. Les conséquences sont dramatiques pour le développement de cette partie du Mali.
  • Le Ministère des Affaires Etrangères conseille à tous les ressortissants français de quitter la zone et déconseille que l'on s'y rende. Les contacts que nous avons commencé à développer sur place et en France confortent cette position.

 

 PAFDES association décide donc de reporter son départ et développe, en amont, ses partenariats français.

De nombreux échanges ont alors lieu en France entre PAFDES et des personnes et associations qui connaissent bien le terrain: Croq'Nature, Amitié Franco-Touareg...

Croq'nature nous permet de découvrir notamment, que Echag dispose déjà d'une école, d'un dispensaire et d'une banque de céréales. D'autres villages alentour parraissent plus nécessiteux.

PAFDES Association décide donc de développer son partenariat avec Croq'nature.

Dans cette optique, elle se rendra à l'Assemblée générale de cette association. Ce qui permettra de finaliser ce partenariat.

L'objectif consiste notamment, à s'appuyer sur leur expérience du terrain, leurs connaissances des acteurs et des besoins. Un déplacement pourra s'envisager avec eux.

Contexte du projet:

Les ressources naturelles s'amoindrissent considérablement dans ces zones désertiques et ne permettent plus de subvenir aux besoins vitaux des populations nomades. Les Touaregs sont éleveurs. Ils vivent essentiellement des ressources procurées par leurs cheptels.

Ils sont quotidiennement en quête de nourriture, vivent dans la peur du lendemain. Pour illustration, les enfants du village n'ont au mieux, qu'un repas par jour.

Parallèlement aux risques des troupeaux décimés qui engendre la famine des éleveurs, l'Association Croq'nature a contribué à la mise n place de trois banques de céréales sur les 10 sites que compte la commune.

Les banques de céréales: le but consiste à acheter des céréales à l'automne, directement auprès des producteurs du sud du pays, afin de garantir à la population un prix constant tout au long de l'années. Cela permet d'éviter ainsi la famine due à la flambée des prix (de plus 150 à 300% en dehors de cette période de récolte).

Durant la période de soudure (de février à juin), le prix des céréales est au plus haut (rareté et spéculation des grands commerçants) et le prix des animaux amaigris par le manque de pâturage, ainsi que la grande offre sur le marché est au plus bas.

Pour illustration:

  • En décembre: un mouton = 2 chèvres = 1 sac de 100 kg de mil (un mois de nourriture pour une famille de 8 personnes)
  • En avril -mai: un sac de 100 kg de mil = 6 chèvres = 3 moutons.

Construire et impulser le lancement d'une banque de céréales à Ahinna:

le but consiste à garantir l'autonomie alimentaire et à minimiser la dépendance des populations vis à vis des aides d'urgence.

Ahina se situe entre Agdilinta et Teskaout, soit à 85 km de Gao au nord est du Mali. Il s'agit de l'un des 10 sites de la commune de Djébocq dont Echag, Agdilinta et Teskaout.

Le site compte 1500 personnes. Ce sont tous des touaregs éleveurs de chèvres et de moutons, ainsi que quelques vaches dans les années où les pluies ont été bonnes.

Une banque de céréales à Ahinna:

Sur le modèle des 3 banques de cérales déjà ouvertes sur la zone de Djebocq, l'achat des céréales sera effectué auprès de magasins ayant un stock très important de céréales, ce qui leur permet de pratiquer des prix intéressant. La revente aux habitants sur le site de Ahina se fera à prix constant toute l'année. 

Gestion du local et des stocks:

L'ensemble des familles désigne un représentant qui, à leur tour, élise un gérant. Un compte rendu régulier de la gestion a lieu auprès des représentants des familles.

Logistique:

le projet sera centralisé au sein de l'association Echaghill. Basée à Gao, elle a déjà coordonné la constuction et la mise en place, sur un mode coopératif, de 3 banques de céréales sur 3 des 10 sites de Djébocq. Ils ont égalementt assuré la mise en place d'écoles, de dispensaires et de centres de soin en lien étroit avec les populations locales concernées.

Echagill est sous le contrôle du Maire et du conseil municipal de la commune de Djébocq.

Budget:

3500 € sont nécessaires pour construire un petit magasin et financer le stock de départ.

Evaluation:

Un bilan a lieu chaque année en novembre sur la place du village, avec le gérant, l'ensemble des représentant des familles, les associations Croq'nature et Echaghill. Ce bilan permet de vérifier collectivement l'état d'avancement du projet, le fonctionnement ainsi que la gestion administrative et financière.

L'association PAFDES envisage d'effectuer le déplacement en 2011.

 

 

La culture Touareg

 

Divisés en plusieurs confédérations et tribus, un million et demi de Touaregs vivent sur 5 pays du continent africain. A l'intérieur de ce territoire, les Kel Tamasheq se sont longtemps joués des limites des états. Ceux-ci ont pourtant réussi à leur inculquer les normes de la douane et des passeports.

Ce territoire, appelé tinariwen (les déserts), est comme son nom l'indique, découpé en plusieurs terres. De ces nombreux déserts, il y a à proprement dit: le ténéré. Les autres terres sont plus ou moins arides, plates et montagneuses.

La société Touareg est très hierarchisée; nous pouvons classer les individus dans les catégories suivantes:

  • Imajaghan: tribus nobles, essentiellement guerrière
  • Ineslemen: tribus maraboutiques.
  • Imrad: tribus vassales
  • Inaden: forgerons (en fait les artisans) noirs, nobles
  • Irawellan: anciens captifs touaregs
  • Iklan: esclaves noirs
  • Bellas: escalves libérés de langue songhaï
  • Bouzou: esclaves libérés de langue haoussa.

Les Touaregs sont monogames, même si sous l'influence de l'Islam, quelques individus prennent plusieurs femmes. Le futur marié doit apporter une dot composée de dromadaires et de boeufs à la famille de la mariée. La tente et son ameublement est fournie au couple par la famille de la mariée. Cette dernière en gardera la propriété en cas de divorce, laissant son ex-mari sans toit. Les mariés appartiennent presque toujours à la même caste.

Les Tpuaregs portent traditionnellement une sorte de long vêtement souvent nommé boubou et un chèche, appelé aussi taguelmoust ou encore "turban". Le chèche est une sorte de turban d'environ 4 à 5 mètrers de long, qui s'enroule sur la tête pour se protéger du soleil, du vent, de la pluie, du sable ou du froid.

Traditionnellement, l'homme ne quitte jamais son turban. Il peut être de différentes couleurs, telles que rouge, jaune, vert, mais 2 couleurs ont une signification spéciale. Le blanc est porté pour montrer un signe de respect, un jour particulier. Le chèche indigo est fait à partir de lin, souvent avec un tissage complexe. Il est porté les jours de fête, et les jours de froid car il est plus chaud que le chèche en coton. Sa teinture tend à déteindre sur la peau, donnant au targui le surnom "d'homme bleu".

L'origine exacte des Touaregs reste inconnue. Ils sont vraisemblablement descendants des tribus zénète et Lemta de la confédération berbère sanhadja. Il est certain qu'ils sont de culture berbère. L'usage du même alphabet, le tifinagh et de la même base linguistique le tamasheq,sont là pour l'attester.

Le cérémonial du thé est une manière de montrer l'hospitalité et un pretexte pour discuter avec le visiteur de passage. Le thé a été introduit au début du XXème siècle au travers de l'influence arabo-musulmane. Il n'est pas très poli de refuser un thé ou de ne pas boire des 3 thés. En effet, les mêmes feuilles de thé vert sont utilisées pour confectionner trois services à la suite. Cependant, l'adage "Le premier thé est amer comme la vie, le second est fort comme l'amoue et le dernier est doux comme la mort".

Chaque année, en janvier, a lieu le fetival du déert à Essakane, près de Tombouctou au Mali, ainsi que celui d'Essouk, près de Kidal. Plusieurs autres festivals ont lieu à travers le pays Touareg, manifestations qui offrent une vraie occasion pour découvrir la culture Touareg: la cure salée à In-gall, près d'Agadez ou les fêtes traditionnelles de Gani et Bianou à Agadez.

Depuis les années 1990, la musique Touareg s'est enrichie d'un nouveau courant: le blues touareg avec notamment le groupe Tinariwen ou bien Touasmast. Les festivals de tourisme de Ghal et Ghadames en Lybie, la fête de Sabiba à Djanet en Algérie.

TOUAREGS, hommes bleus du grand désert

Les Touaregs sont des éleveurs nomades, généralement berbères ou descendants lybiens. Ils appartiennent à un ensemble culturel avec une identité forte, une histoire et des références communes, notamment une langue, le tamashek et un alphabet, le tifinagh. 

Ils vivent entre le Mali, le Niger, l'Algérie, la Lybie et le Burkina Faso. Leur zone de vie traditionnelle couvre une vaste partie du Sahel et du sahara sur près de 2.5 millions de km2.

En l'absence de tout recensement, on peut estimer l'ensemble de la population Touareg à plus de 3 millions d'individus., dont environ 1 million au Mali, plus de 1.5 millions au Niger et environ 500 000 répartis entre la Lybie, l'Algérie et le Burkina Faso.

Le mode de vie de des hommes du désert est aujourd'hui remis en cause, les obligeant à trouver des soluitions alternatives.

Les Touaregs furent pendant des centaines d'années les maîtres incontestés des routes commerciales du Sahara, dont ils contrôlaient les pistes cavalières; ce qui leur procurait une certaine existence. Suite à la décolonisation, les frontières des pays africains se sont matérialisées et la transhumance devint un problème; ce qui les poussa peu à peu à se fixer à ,proximité des pâturages ou à aller travailler plus ou moins provisoirement dans les chantiers de prospection pétrolière ou minière. En raison de leur nomadisme et de leur infériorité numérique, dans tous les pays dans lesquels ils s'établirent ou se déplacèrent, les Touaregs subirent alors une margnalisation politique et économique récurrente pendant des décennies. Aux révoltes régulières, succéda en 1990, une lutte armée et la naisance de mouvements de rébellion entraînés dans les camps lybiens. Le non respect des clauses des accords de paix de 1995 engendra des rancoeurs des 2 côtés: frustrations côté touareg et une ségrégation manifeste d'autre part notamment dans l'accès au travail pour les hommes bleus qui cherchèrent à se sédentariser. En 1996, les rebelles en gage de paix déposèrent les armes, acceptant de les détruire publiquement à Tombouctou, et les familles réfugiées en Mauritanie, en Algérie et au Burkina faso réinstallèrent leurs campements. 

Etre Touareg, c'est s'adapter au monde sans perdre son âme.

Les sécheresses qui se succèdent et les températures plus qu'extrêmes (45° à l'ombre) pendant la majeure partie de l'année ont aggravé l'insuffisance de la production agricole, la raréfaction des pâturages et la mortalité élevée des bétails due aux épizooties. Il faut ajouter à la fragilité de l'écosystèm, qui ne permer plus aux plantes traditionnelles de pousser, l'isolement des familles dans les campements qui restent difficiles d'accés et ne bénéficient ni de suivi médical, ni de solution d'évacuation d'urgence.

Pour l'heure, les aides au développement ne laissent pas la perpective d'un avenir meilleur car aucun programme ne prévoit la construction de puits ou d'hôpitaux en zone touareg. Alors ces hommes bleus, hommes libres en quête de changement et d'intégration à une vie plus moderne, se forment pour mettre en place une élite de nouvelle génération: celle qui, par le savoir, la connaissance, obtiendra du pouvoir pour son peuple.

 

 

Les contacts Terrains 



 

 

 


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